Le chronomètre qui égrènera mercredi le temps de Jeannie Longo sur le contre-la-montre des Jeux olympiques de Pékin sera aussi un compte à rebours.
La cycliste la plus titrée de l'histoire dispute en effet peut-être sur les 23,8 kilomètres du parcours tracé au pied de la Grande Muraille sa dernière course olympique, même si elle laisse sciemment planer le doute.
Trempée jusqu'aux os dimanche après la course sur route, la vieille dame du cyclisme, qui dispute ses septièmes Jeux à 49 ans, n'excluait pas un ultime pied de nez dans ce chrono, même si elle visait plutôt au départ le titre sur route.
"Je pense sincèrement que je peux faire quelque chose dans le contre-la-montre", assurait-elle.
Sans jeu de mot, il s'agira surtout, pour la quadruple médaillée olympique, d'une question de temps. Samedi, le déluge qui s'est abattu sur Pékin ne lui a pas permis de jouer sa chance à fond.
Mais cette épreuve sur route, qu'elle a terminée à la 24e place, a donné à la Française, championne olympique à Atlanta dans des conditions déjà extrêmes, de beaux espoirs.
Si elle n'a pu se mêler à la lutte dans le final, elle a conduit sa course à sa guise, dans l'allure, menant même le bal au pied de la dernière montée.
AVEC OU SANS SPECTATEURS ?
La pluie de mousson de dimanche a eu du bon: le temps s'est adouci, voire éclairci et pourrait égaliser les chances.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, Jeannie Longo rappelait après la course sur route qu'elle lui avait au moins servi à "repérer le parcours".
Ce dernier n'est en effet autre que le circuit final emprunté à deux reprises par les coureuses dimanche, avec une longue côte en paliers et une descente sans difficulté, mais où les plus puissantes pourront faire la différence contre le vent à plus de 70 km/h.
Certains concurrents s'étaient plaints le week-end dernier de l'absence quasi-totale de spectateurs sur la course, les autorités chinoises ayant décidé de fermer les accès au public.
"Nous sommes intervenus auprès du comité d'organisation pour régler ce problème et avons bon espoir que les routes seront ouvertes", a déclaré à Reuters Pat McQuaid, président de l'Union cycliste internationale (UCI).
Dans cette course dames qui s'élance à 10h00 heures locales (02h00 GMT), Jeannie Longo ne manquera pas de rivales.
La championne du monde de la spécialité, l'Allemande Hanka Kupfernagel, n'a rien laissé au hasard dans sa préparation malgré des petits soucis de santé; sa compatriote Judith Arndt est toujours une sérieuse cliente tandis que les Américaines présentent une équipe de très haut niveau avec Kristin Armstrong et Christine Thorburn.
Enfin la Néerlandaise Marianne Vos, furieuse de son échec sur route, voudra sa revanche.